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L’ACCORD DE
VANCOUVER

Les histoires de Charles et d’Aaron :

Le Programme de formation en gestion de maisons de chambres

par Gilian Dusting

Charle's and Aaron

« Ce cours a vraiment changé ma vie », raconte Charles Haynes, homme d’affaires à la retraite et propriétaire de Ross House, une maison de chambres dans le Downtown Eastside (DTES) de Vancouver. Il parle du Programme de formation en gestion de maisons de chambres, d’une durée de 10 semaines, financé en vertu de l’Accord de Vancouver pour aider les propriétaires et les gérants de maisons de chambres du quartier.

En 2006, Charles Haynes a acheté une maison de 24 chambres avec l’intention d’en faire un lieu d’hébergement pour les toxicomanes en réadaptation. Il était venu dans le quartier pour y installer une plaque commémorative en l’honneur de son fils, mort à l’âge de 19 ans d’une surdose d’héroïne.

« Nous pensions que nous savions ce que nous faisions, dit-il après coup. Mais en fait, nous n’avions aucune idée de tout ce que nous ne savions pas. » L’inspecteur de l’utilisation de la propriété foncière du quartier, Lynn Urekar, lui a fait mesurer l’étendue de ses lacunes et, maintenant, Charles Haynes voit en elle un de ses plus précieux appuis.

En tant qu’inspecteur de l’utilisation de la propriété foncière, Lynn Urekar a un rôle difficile à jouer. « Techniquement, nous sommes là pour faire respecter les normes d’entretien, explique-t-elle. En réalité, nous devons traiter avec un très large éventail de problèmes avec les propriétaires et les locataires. »

C’est Lynn Urekar qui a fait connaître le Programme de formation en gestion de maisons de chambres à Charles Haynes. Ce programme s’adresse précisément aux gens qui travaillent avec les personnes difficiles à loger. Par le passé, les gérants de maisons de chambres ne recevaient à peu près aucune aide et encore moins de formation.

Les trois principaux types de problèmes rencontrés chez leurs locataires par les gérants de maisons de chambres du Downtown Eastside sont des problèmes de santé mentale, de pharmacodépendance et de violence. Les gérants doivent aussi parfois composer avec des suicides, des problèmes d’infestation, des problèmes de santé et beaucoup d’autres encore. Comme le dit Lynn Urekar, « ce n’est pas facile de gérer ces maisons. Je voulais que le cours de formation profite autant aux gérants qu’aux locataires. »

Pour Charles Haynes, le cours lui a ouvert les yeux et fait voir l’aide dont il pouvait bénéficier. « Le Programme de formation m’a fait découvrir toutes les ressources mises à la disposition des habitants du Downtown Eastside. C’est en fait une passerelle vers l’information et, maintenant, je sens que je fais vraiment partie de la communauté. »

Aaron Boney, aussi diplômé du Programme de formation en gestion de maisons de chambres, habite dans le quartier depuis longtemps. Lui-même locataire du Gastown Hotel et ancien toxicomane, il travaillait comme concierge de l’hôtel quand le ministère du Logement de la Colombie-Britannique, BC Housing, en a repris la gestion. Aaron a alors été promu au poste de réceptionniste et s’est inscrit au Programme. « Avec ce cours, j’ai vraiment découvert toutes les ressources et l’aide mises à notre disposition, explique-t-il. C’est incroyable tout ce que je peux faire maintenant, pour mes locataires et pour moi‑même. »

Maintenant Aaron Boney travaille pour Atira Property Management, une entreprise à vocation sociale établie dans le Downtown Eastside, et se lance dans une carrière en gestion immobilière.

C’est Suzanne Jean, gestionnaire du Programme de formation en gestion de maisons de chambres, qui a conçu le cours avec Lynn Urekar. « Le cours donne aux étudiants la confiance dont ils ont besoin, signale-t-elle. Ils sont tellement fiers de découvrir que leur travail de gestion de services immobiliers est légitimé. »

Le contenu du cours répond aux besoins et aux méthodes d’apprentissage propres à chacun et met l’accent sur l’aspect pratique et l’expérience. Il couvre un large éventail de sujets, dont les règlements municipaux, la sécurité des personnes, les normes d’emploi et de sécurité au travail de la C.-B., la pharmacodépendance et la santé mentale, et les techniques pour désamorcer la violence. Le cours est donné par des experts qui travaillent dans la communauté et qui continuent donc d’être des ressources par la suite.

Ces dernières années, les inspecteurs et les propriétaires ou gérants de maisons de chambres ont changé leurs façons de voir les choses et ce changement est le fruit d’un désir commun d’améliorer leurs méthodes.

« Notre travail est maintenant plus facile et plus agréable, constate Lynn Urekar. En coordonnant nos efforts, nous avons pu passer à des relations qui ne relèvent plus autant de l’exécution de la loi. Maintenant, nous nous occupons des problèmes des gens, plus seulement des aspects matériels d’un bâtiment. Nous jouons un rôle bien plus dynamique! »

Aaron Boney a pu faire la différence en direct. « Comme c’est dans ce quartier que je vis et comme j’ai déjà été de l’autre côté de la barrière, j’ai encore plus envie que les choses s’améliorent, rappelle-t-il. Les changements qui se produisent ont un effet direct sur moi, ce qui a pour résultat de me motiver encore plus. Je vois aussi la différence chez les gens qui ont été engagés et qui sont allés suivre le cours. Ils en reviennent avec un sentiment de fierté, de réalisation et d’appartenance. »

En juillet 2009, 113 personnes envoyées par 58 maisons de chambres avaient bénéficié du Programme de formation en gestion des maisons de chambres.

En 2004, l’AV a financé l’élaboration du Programme de formation qu’il continue de soutenir depuis.

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