Vancouver Agreement header...Refresh for more!
L’ACCORD DE
VANCOUVER

L’histoire de Terrance Sim :

Avec un peu d’aide, les choses peuvent changer

Reproduit et traduit avec la permission de Four Pillars News (février 2009).

Terrence Sim

Quand les gens se promènent sur les trottoirs de Vancouver, que ce soit à pied, à bicyclette ou en fauteuil roulant, ils ne trébuchent plus sur des dalles abîmées. C’est à des gens comme Terrance Sim que nous devons le bon état des trottoirs. En effet, Terrance travaille pour la ville à combler les crevasses d’asphalte ou à égaliser les sections de trottoir soulevées.

« Je vois mon travail comme un moyen de faire de la ville un lieu de circulation agréable, explique Terrance Sim. En fait, avec son programme de soutien à l’emploi — le Supported Employment Program —, la Ville a aidé Terrance à faire un grand pas dans sa propre vie. Finie sa vie de sans-abri toxicomane et prisonnier du cycle de vente et de consommation de drogue! Maintenant, Terrance, âgé de 28 ans, travaille pour la ville. Il a son appartement avec son premier ordinateur, il a le câble, il a appris à se faire à manger et il assiste à des réunions de soutien qui l’aident à rester sur la bonne voie.

« Jamais je n’ai eu un « chez-moi », affirme-t-il. Jamais je n’ai pu manger à mes heures! »

Terrance Sim est né à Edmonton, mais a été retiré de sa famille quand il avait environ cinq ans. « Je me suis pas mal promené de famille d’accueil en famille d’accueil jusqu’à l’âge de 14 ou 15 ans, explique-t-il. » Il a commencé à boire de l’alcool et à fumer de la marijuana en 8e année. « C’est l’époque où j’ai commencé à vivre dans la rue et à vendre de la drogue. »

Ce mode de vie était lucratif. « Je gagnais beaucoup d’argent, mais je ne savais pas quoi en faire. Puis, un ami m’a fait découvrir l’« ice » (ou chlorhydrate de méthamphétamine) et là, j’ai su quoi faire de mon argent! »

Il ne se souvient guère de ce qu’il a fait des dix ans qui ont suivi. Il se rappelle avoir quitté l’école en 10e année, avoir passé du temps en prison, puis avoir roulé sa bosse dans différentes villes comme Edmonton, Calgary, Toronto, Victoria et Vancouver. Régulièrement, il trouvait dans l’administration publique des emplois destinés aux jeunes de la rue. « Ces emplois assurent aux jeunes un travail et un salaire tous les jours. » Il a aussi participé à une quantité innombrable de programmes de désintoxication et a essayé de nombreux traitements sans succès.

Pendant sa dernière année de toxicomane, Terrance a abandonné son circuit de travail carnavalesque et s’est libéré de l’emprise de l’ice sur lui, mais a continué de consommer du crack et de boire à l’excès. Il est allé dans quelques centres de désintoxication, mais n’a jamais réussi à tenir jusqu’au bout. Et puis, il a fini sur l’île Saltspring, où il a trouvé un emploi de couvreur de toiture. Il vivait sous la tente et, quand il n’arrivait pas à se procurer de la drogue, il buvait.

Un jour, après une longue beuverie pour fêter l’anniversaire d’un ami, il s’est réveillé, s’est regardé dans le miroir et s’est trouvé las. Il a quitté Saltspring, s’est rendu à Vancouver et a demandé à se faire admettre au centre Harbour Light pour une désintoxication et un traitement. Il savait que le temps était venu pour lui de faire le grand ménage dans sa vie. Finalement, toute l’information qu’il avait accumulée au fil des ans, de programme de traitement en programme de traitement, commençait à trouver tout son sens.

Malheureusement, il avait encore un obstacle à surmonter. Harbour Light lui a demandé s’il avait bu et, quand il a répondu par l’affirmative, le centre lui a dit qu’il devait ne pas consommer d’alcool pendant une semaine. S’il réussissait, alors le centre l’accueillerait.

Terrance Sim a passé la semaine à Downtown Eastside, à s’abstenir de boire et à regarder les gens passer dans les rues. Pour la toute première fois, il a compris les conséquences de la pharmacodépendance. « Je me promenais et me disais : C’est de ça que j’aurai l’air dans 20 ans! »

Terence photo

Terrance a donc été admis au programme de désintoxication de Harbour Light, a trouvé une place dans un dortoir et, finalement, a obtenu sa propre chambre à Harbour Light. C’est là que le conseiller en dotation d’EMBERS est venu le chercher pour lui offrir la possibilité d’acquérir une expérience de travail par l’intermédiaire du programme de soutien à l’emploi Four Pillars, organisé par le programme de la Politique en matière de drogues de la ville et financé aux termes de l’Accord de Vancouver. (EMBERS est une agence de dotation temporaire à vocation sociale qui assure un soutien à l’emploi aux participants à son programme.)

Le programme, qui offre du travail à court terme à la ville à des gens en phase de désintoxication, a débuté à titre pilote en 2007. Cette année-là, quatre hommes ont obtenu des emplois de courte durée pour la ville. En 2008, le programme a accueilli sept autres personnes, dont Terrance, et il continue de prendre de l’ampleur.

Vers la fin du programme de six mois, deux postes se sont libérés de façon imprévue au service d’entretien des rues. La ville en a offert un à Terrance (moyennant la même période de probation que n’importe quel autre employé) qui l’occupe maintenant depuis plus d’un an.

« J’adore mon travail, raconte Terrance. J’essaie d’apprendre le plus possible. » Il adore aussi avoir son propre appartement, un ordinateur et une télévision, et se faire à manger quand bon lui semble.

Il éprouve maintenant un sentiment de bien-être, il se sent calme et serein. « La différence est venue du fait que j’avais décidé de changer ma vie, explique-t-il. Je ne veux plus de drogue dans ma vie. Ce n’est pas le genre de vie qui m’intéresse. Et tout ce qui m’est arrivé cette dernière année a été tout simplement extraordinaire! »

Le projet pilote de soutien à l’emploi Four Pillars a obtenu des fonds aux termes de l’Accord de Vancouver en 2007, puis à nouveau en 2008-2009 pour une version adoptée du programme.

Plus de récits >